L’esthétique, l’aspect visuel, c’est
une souvent une question d’opinion. Certains sont incommodés,
d’autres pas. Les lignes de transport électrique à haute-tension
735kv en provenance de la Manic, de Churchill Falls ou de la
Baie-James, en dérangent plus d’un. Pourtant, elles sont avec nous
depuis maintenant plus de 40 ans.
Avec ce qui est route en Gaspésie
dans le cadre du premier appel d’offres de 1000MW et avec les
contrats gré à gré signés par un certain nombre de producteurs avec
Hydro-Québec Production, on estime que sur un parcours de 1,000
kilomètres, soit environ 11 heures de Rivière-du-Loup à
Rivière-du-Loup, les passagers de l’automobile qui effectueraient ce
parcours, ne verraient des éoliennes que pendant 50 minutes à
condition évidemment, que le chauffeur ou ses passagers regardent
constamment vers l'intérieur des terres où sont implantées les éoliennes
plutôt que de regarder le majestueux fleuve St-Laurent, l'Atlantique ou la Baie-des-Chaleurs!
.
Par ailleurs, c’est la Gaspésie, au
début des années 2000, qui a invité les promoteurs et les
gouvernements à favoriser le développement éolien.
Ce sont aussi les municipalités et
les MRC qui établissent les règles, telle la distance séparant les
des éoliennes des maisons. Est-ce 350 mètres comme à St-Ulric ou 500
mètres comme à Baie-des-Sables? Entre l’invitation du début des
années 2000 et les appels d’offres. tous ont eu l’occasion de
réfléchir et d’élaborer une réglementation quant à l’implantation
des éoliennes dans leur « cour ».
Difficile d’affirmer aujourd’hui que
tout est allé trop vite. Quant aux ouragans qu’on ne connaît pas
encore au Québec, les éoliennes sont conçues pour y résister. Un
système de freinage évite à l’éolienne de s’emballer lorsque le vent
devient trop violent et excède les 90 km/h. Quant à la vie utile des
éoliennes elle est de vingt ans, d’où la signature des contrats de
la même durée. Plus précisément les turbines des éoliennes demandent
peu d’entretien pour environ 120,000 heures de fonctionnement
comparativement à 4,000 à 6,000 heures pour le moteur d’une
automobile.
Les éoliennes produisent de
l’électricité de 60 à 80% du temps. Sur une base annuelle leur taux
d’utilisation varie entre 30 et 40% de leur capacité totale. Reste
que leur potentiel est complémentaire à celui du parc de centrales
hydro-électriques d’Hydro-Québec.
On estime que 12,000 MW de puissance
installée en éoliennes équivaudrait au Québec à trois fois la
production annuelle de la centrale de Beauharnois dans la région de
Montréal, soit le cinquième de la production d’énergie actuellement
vendue par Hydro-Québec. On peut donc parler d’une puissance
électrique importante pour Hydro-Québec, notamment l’hiver au cours
des périodes de pointe. Signalons que la multiplication des fermes
d’éoliennes sur l’ensemble du territoire québécois régularisera la
production d’énergie éolienne pour l’ensemble du réseau.
À l’échelle du Québec, les pannes de
vent n’existent pas. Lorsque le vent cessera dans une région, une
autre prendra le relais; de cette manière il n’y aura pas de panne
de vent limitée à une région. Le Québec compte plusieurs gisements
éoliens d’importance dont ceux de la Gaspésie, de la Côte Nord et de
la Baie-James.
En Europe par exemple lors que le
vent souffle au Danemark, les Danois exportent de l’électricité en
Allemagne, et lorsque le vent perd de sa vigueur, ce sont les
Allemands qui exportent leur électricité au Danemark. Par ailleurs
faut-il rappeler que les éoliennes sont associées à une énergie
verte, inépuisable, à l’abri des fluctuations du marché,
renouvelable et gratuite, ce qui a pour effet de rendre leur
acceptation d’autant plus facile.
De plus cette forme d’énergie est
complètement réversible, c'est-à-dire qu’en quelques mois les
éoliennes au terme d’un contrat peuvent être démantelées pour les
générations futures.
Enfin les éoliennes sont belles et
esthétiques et se marient bien à tous les types de paysage. Leurs
formes épurées et aérodynamiques sont le symbole même de l’énergie
douce. De couleur blanche elles permettent facilement aux oiseaux et
aux petits avions de les repérer. En Gaspésie les éoliennes
constituent un actif pour le tourisme grand public, vert ou
scientifique.
Au Danemark, pionnier européen de
l’industrie éolienne, le tourisme éolien est considéré comme un
actif à développer et à soutenir. Aux Etats-Unis, au cœur d’Altantic
City dans l’État du New Jersey, le plus dense au pays, ont peut déjà
voir tourner des éoliennes .
Les citoyens ne sont pas sans
réaliser la difficulté de produire de l’énergie non polluante sans
les impacts associés aux centrales thermiques, nucléaires ou
hydro-électriques. Au terme des deux prochaines décennies, on estime
que le vent produira 12% de l’énergie électrique à travers le monde.
Au Canada, les 1,588 MW qui en juin
2007 étaient en place peuvent d’ores et déjà rencontré les besoins
en consommation de 440,000 foyers. Le taux de disponibilité des
éoliennes est de 98% sur une base annuelle. Aucune autre forme
d’énergie peut afficher un taux semblable. La valeur des
installations éoliennes est maintenant estimée à 23$ milliards de
dollars américains tout en fournissant des emplois directs à plus de
163,000 personnes pour l’entretien et la fabrication des éoliennes.
Le corollaire de cette pénétration de
l’énergie éolienne, c’est qu’il y aura une réduction annuelle de 11
millions de tonnes de CO2 rejeté de moins dans l’atmosphère. Même
chez-nous, le gaz a bien faillit effectuer une percée majeure.
Faut-il rappeler que le président d’Hydro-Québec envisageait en
février 2003 en pleine commission parlementaire, de construire
d’autres centrales au gaz semblables à celle du Suroît? Une dernière
anecdote : depuis avril 2006, deux symboles américains, la Statue de
la Liberté et l’Île d’Ellis rencontrent désormais 100% de leurs
besoins en électricité grâce à l’énergie du vent. Ces deux icônes
populaires consomment en électricité l’équivalent de 1000 foyers
domestiques.