Hydro-Québec a déjà tenté sans succès
de faire ses classes dans le développement des technologies de
production d’énergie éolienne.
C’est par deux fois que les projets
de la société d’État se sont soldés par des échecs, tant du point de
vue technologique que financier.
La société d’État en collaboration
avec le Centre national de recherche du Canada avait d’abord tenté
sa chance avec des éoliennes expérimentales de type Darrieus à la
fin des années soixante-dix aux Îles-de-la -Madeleine, puis par la
suite à Cap Chat en Gaspésie. Aux Îles-de-la-Madeleine, l’éolienne à
axe vertical n’a jamais pu produire de l’électricité voir
À Cap Chat, pendant cinq ans, de 1988
à 1992, l’éolienne, toujours à axe vertical, a produit 12,000MWh
d’électricité. Il s’agit d’un facteur d’utilisation de moins de 10%
sur l’ensemble de la période. Plus de 43$ millions ont ainsi été
dépensés. L’éolienne de 4 MW de Cap Chat, présentée comme la plus
grande éolienne du monde, fait aujourd’hui partie d’une offre
touristique mais l’éolienne a cessé de tourner.
Pour être rentables, aux prix
actuels, les éoliennes doivent afficher un taux d’utilisation
supérieur à 30%. Suite au premier appel d’offres de 1000MW, les deux
entreprises gagnantes sont confiantes de faire tourner leurs
éoliennes à axe horizontal avec un taux d’utilisation d’environ 36%.
Hydro-Québec reconnaît n’avoir plus aucune expertise dans la
production d’énergie éolienne. D’ailleurs, les éoliennes à axe
horizontal munies de trois pales constituent aujourd’hui la norme à
l’échelle mondiale et Hydro-Québec, après avoir définitivement
tourné la page dans les années 90, a déclaré forfait et
abandonné la production d’énergie éolienne.
Comparaissant devant la Régie de
l’Énergie, Hydro-Québec a résumé ainsi son point de vue :
« … Plusieurs intervenants ont
souligné lors des audiences qu’Hydro-Québec se devait d’assumer un
rôle de leadership dans le dossier éolien comme elle l’a fait, et le
fait toujours dans l’hydraulique. Quant à elle Hydro-Québec affirme
qu’il ne lui est pas nécessaire d’être le promoteur de l’éolien pour
faire bénéficier ses clients ou la population québécoise du
développement de cette filière comme elle l’a déjà fait dans le
passé. Selon elle ces risques doivent être assurés par ceux qui
espèrent retirer un profit du développement éolien. Hydro-Québec
définit son rôle comme un simple acheteur de l’énergie produite…. ».
Voir aussi sur ce site l'article de Gilles Lefrançois:
http://www.energie-eolienne.ca/documentheque/eolien5/eolien5.html