Dans les années soixante, le
regroupement dans une société d’État des différentes sociétés
privées de production d’énergie électrique était nécessaire afin
d’assurer l’accessibilité, l’uniformité tarifaire, la
synchronisation de l’ensemble du réseau québécois et la possibilité
de grands chantiers de construction tels ceux de la Manic et de la
Baie-James.
Pour satisfaire à ses besoins
domestiques et industriels, la société québécoise se devait
d’emprunter des sommes massives sur les marchés étrangers. Un
monopole d’État dont les emprunts étaient garantis par le
gouvernement pouvait faciliter l’émission d’obligations sur les
marchés américains, européens et japonais. Ces critères ne
s’appliquent plus dans le cadre du développement de l’énergie
éolienne. Le réseau québécois est aujourd’hui synchronisé au
même cycle sur l’ensemble du territoire, ce qui n’était pas le cas
en Gaspésie et en Abitibi en 1962. De plus, les entreprises privées,
grâce à la flexibilité des marchés financiers, ont maintenant la
capacité d’emprunter à des taux semblables à ceux obtenus par
Hydro-Québec.
Par ailleurs, les appels d’offres
stimulent la concurrence entre les promoteurs, garantissant ainsi
les prix les plus bas à Hydro-Québec Distribution, donc aux
consommateurs, tout en constituant un frein à la réalisation
possible de taux de rendements « déraisonnables » (plus de 20%),
semblables à ceux d’Hydro-Québec Production (environ 30%). Il est
difficile d’entrevoir dans le cadre des appels d’offres actuels
d’Hydro-Québec Distribution la réalisation de sur-profits; on parle
plutôt ici d’un rendement de 10 à 15%.
Par ailleurs, rien n’empêcherait
Hydro-Québec Production, dans le cadre de la loi actuelle, de
déposer sa propre soumission pour produire de l’énergie éolienne.
L’expérience des petites centrales hydroélectriques a toutefois
montré que sa lourdeur organisationnelle la rendait inapte à
produire face aux entreprises privées, de l’énergie électrique à un
prix concurrentiel. En d’autres mots, l’expérience indique
qu’Hydro-Québec pourrait faire des profits, mais à partir d’un
plancher plus élevé que celui des producteurs privés. C’est donc
dire qu’en bout de ligne ce sont les consommateurs québécois qui
paieraient la note par le biais d’une facturation plus élevée du
prix de l’énergie éolienne.
Par ailleurs, contrairement à
Hydro-Québec, les producteurs privés profitent actuellement de
plusieurs allègements fiscaux qui permettent d’abaisser le
prix de l’électricité produite à partir d’éoliennes. Enfin, il
convient de noter qu’Hydro-Québec pourra éventuellement profiter
pendant 10 ans des trois quarts de la subvention fédérale de 1 cent
le kWh pour chaque kilowatt produit par les éoliennes installées au
Québec. Cette subvention contribuera ainsi à réduire de façon
substantielle son coût d’approvisionnement auprès des producteurs
privés. Une telle orientation, mi-publique mi-privée, assure ainsi à
la société québécoise une allocation optimale de ses ressources.
Voir aussi sur ce site l'article du professeur
Jean-Thomas Bernard à l'adresse:
http://www.energie-eolienne.ca/documentheque/eolien3/eolien3.html
Voir aussi sur ce site l'article de Gilles Lefrançois:
http://www.energie-eolienne.ca/documentheque/eolien5/eolien5.html