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Les éoliennes, pas dans ma cour !
Dans la langue de Shakespeare, on les appelle les « NIMBYS »,
les « not in my back yard. » En français l’expression « syndrome
pas dans ma cour » (SPC) est utilisée.
C’est un fait que l’immense
majorité des gens se dit en faveur du développement éolien, mais
lorsque des promoteurs se présentent pour installer des
appareils à mesurer le vent, la réaction est parfois
contradictoire. Non merci pour moi, allez donc voir le voisin!
On oublie vite qu’elles sont des instruments du développement
durable.
Reconnaissons d’emblée que
l’appui absolu n’existe pas pour aucune forme d’énergie, même
pour celle du vent. L’impact zéro n’existe pas. Après tout si on
voulait remplacer l’ensemble de la production électrique au
Canada, toutes sources confondues, il faudrait, selon
l’Association Canadienne de l’Énergie Éolienne, couvrir le
Nouveau-Brunswick d’éoliennes! Si on voulait faire la même chose
pour l’ensemble de la planète, c’est toute la superficie de
l’Arabie Saoudite qui devrait être dédiée à l’installation
d’éoliennes.
Il est donc question d’espace
lorsqu’on songe à implanter un parc éolien. En Europe, où les
éoliennes ont acquise leurs lettres de noblesse, les enquêtes
ont démontré les unes à la suite des autres que l’acceptation du
public augmentait au fur et à mesure que les éoliennes étaient
installées et visibles par l’ensemble de la population.
Au Danemark qui est le seul pays
à produire plus de 20% de son électricité grâce à l’implantation
de plus de 5,500 éoliennes, les enquêtes ont démontré les unes
après les autres que neuf citoyens sur dix veulent encore plus
d’énergie éolienne dans leur pays.
Une étude réalisée en Écosse, où
l’on projetait d’installer une importante ferme éolienne a
montré par exemple que 40% des Écossais anticipaient à
l’origine, avant leur implantation, des problèmes de différente
nature et que 12% appréhendaient plus spécifiquement des
problèmes de bruit. Une fois les éoliennes installées, ces
pourcentages sont tombés respectivement à 9 et 1% pour cent
(Lorne Daniel, Shannon Kernaghan - Tilting at Windmills- Rising
NIMBY Responses to Wind Farms, juin 2006
www.nimbyadvisor.com
Dans le Vermont, un des États les
plus « verts » de nos voisins du sud, huit Vermontois sur dix
(81%) considèrent l’implantation d’éoliennes sur les crêtes des
montagnes, comme « belle » et « acceptable. » Il s’agit d’une
augmentation de 12% par rapport à la même question posée dans un
sondage précédent réalisée en 2002. Ce sondage témoigne de façon
éloquente l’appui massif du public à l’égard de l’énergie
éolienne dans une région sensible à la beauté de ses paysages,
et ce malgré des critiques parfois acerbes propagées par un
petit groupe d’opposants (Sondage réalisée par la maison ORC
Macro en janvier 2006).
Une coalition nationale a
d’ailleurs été mise sur pied en 2005 chez nos voisins afin de
faire la promotion de l’énergie éolienne.
www.windenergyworks.org
Après tout 1,6 million de foyers américains sont d’ores et déjà
alimentés par l’énergie éolienne.
Toujours aux États-Unis, les
études ont démontré que l’acception du public grandit une fois
que les parcs éoliens ont été mis en exploitation. Un auteur
américain a même fait état d’un modèle en « U ». C’est-à-dire
qu’au départ d’un projet le taux d’acceptabilité est
généralement élevé, ce taux baisse par la suite lorsque le
projet franchit les étapes de planification et de construction.
Une fois la ferme éolienne a été implantée le taux
d’acceptabilité retrouve pratiquement son niveau d’origine
(Willet Kampton et al., « The Offshore Wind Power Debate : Views
from Cape Cod p. 121).
Évidemment ces constats
encourageants ne dédouanent pas les promoteurs et les
municipalités de faire leurs devoirs pour toutes les étapes des
projets. Pour les promoteurs, ces rencontres avec la population
et ces audiences publiques constituent parfois un « véritable
parcours du combattant » tant les obstacles sont nombreux sur la
route avant que l’autorisation finale ne soit donnée.
Un sondage réalisé en Ontario en
2007 pour le compte de l’Association Canadienne de l’Énergie
éolienne révèle que :
-neuf résidents sur dix ayant
pris part au sondage sont d’accord que l’énergie éolienne est
une manière sans danger pour l’environnement de répondre aux
besoins énergétiques de l’Ontario;
-que 3 résidents sur 4 croient
que les parcs éoliens représentent un symbole d’un avenir plus
vert pour le Canada;
-89% des résidents vivant dans un
rayon d’un mille d’un parc éolien supporte son développement;
-l’appui des parcs éolienes
augmente au fur et à mesure que les collectivités apprennent sur
le sujet;
-sept résidents sur dix ne
ressentent aucune nervosité avec la présence de parcs éoliens
près d’eux.
http://www.canwea.ca/french/news_releases_fr.cfm?ID=49
Contrairement à Hydro-Québec, Gaz
Métropolitain ou Ultramar, les producteurs d’énergie éolienne ne
peuvent recourir à l’expropriation pour mener à terme leurs
projets. Rappelons que ce sont les municipalités qui dictent les
règlements permettant l’implantation des éoliennes et
l’information doit devenir pour elles et pour les promoteurs le
maître mot. C’est une règle qui va de soi et qui est
généralement acceptée par tous ceux qui sont engagés dans la
production de l’énergie éolienne. Les études d’impact dans le
cadre des audiences du BAPE comportent toujours un volet
paysager.
Convenons par ailleurs qu’il n’y
a aucun intérêt pour les promoteurs à construire des fermes
éoliennes si ces projets ne sont pas désirés et souhaités par la
population. Enfin, les sondages d’opinion ont établi clairement
que l’acception des projets va de pair avec une planification
intelligente arrêtée par les principaux acteurs et une bonne
intégration visuelle des parcs éoliens avec la nature
environnante.
Au Québec, les premiers parcs
éoliens comme celui de Cap Chat ont vu les éoliennes se
multiplier avec une densité d’éoliennes bien supérieure à celle
des 8 parcs qui seront développés d’ici 2012 dans le cadre du
premier appel d’offres de 1000 MW. Pour certains il y a
maintenant trop d’éoliennes dans cette région bien spécifique de
Cap Chat en Gaspésie. Chose certaine cela fait partie du passé
puisqu’en vertu des règlements adoptés depuis par les
municipalités, deux éoliennes sur trois devraient être
aujourd’hui démantelées à Cap Chat si on appliquait
intégralement les nouveaux règlements qui ont été adoptés depuis
par les municipalités.
En Allemagne, pays quatre fois
plus petit que le Québec avec une population de plus de dix fois
supérieure, l’implantation de nouvelles éoliennes fait toujours
partie des projets privés et gouvernementaux. La peur de
l’inconnu qui était à l’origine de beaucoup d’appréhensions
semble s’être estompée. Encore là des études ont démontré qu’en
Europe les gens qui habitent à proximité des éoliennes, à moins
de 500 mètres, affichent une attitude généralement plus positive
à l’égard des éoliennes que ceux qui n’en n’ont pas dans leur
environnement immédiat.
Reste que les promoteurs ne sont
pas sans reconnaître l’importance des effets visuels sur les
paysages. Aussi tentent-ils dans la mesure du possible de faire
preuve d’innovation afin de réduire au maximum l’impact visuel.
L’énergie verte est à ce prix. Comme le disait récemment Izaak
Walton de la « League of America
», une association sportive aux
Etats-Unis, « - le pas dans ma cour- ce n’est pas de
l’environnementalisme ».
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