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« …le vent pourrait donner près de 100,000MW
d’énergie. Soit autant que 20 centrales hydroélectriques comme
celle de Churchill Falls! Une richesse comparable au pétrole de
l’Arabie…. »
« …des recherches récentes des services
météorologiques d’Environnement Canada laissent entrevoir que le
nord du Québec abrite trois des gisements éoliens les plus importants du Canada, voire de l’Amérique, si importants, en
fait, qu’ils pourraient dépasser de plusieurs dizaines de fois l’ensemble de la production hydroélectrique actuelle… »
« …Cette filière, dont le potentiel dépasse plus
de dix fois le potentiel hydroélectrique, sera ainsi limitée à
10% de la puissance hydroélectrique de pointe installée…. »
« …nous avons un énorme avantage par rapport aux pays qui produisent de l’énergie éolienne : nous pouvons accumuler de
fabuleuses quantités d’énergie sous forme d’eau derrière nos barrages pour compenser les fluctuations de la puissance produite par les éoliennes.
C’est un gros problème pour les pays qui n’ont pas ou presque de
ressources hydro-électriques… »



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Par ailleurs, le Danemark, dont
les 3,136 MW représentent 23% de la puissance installée de
13,638 MW, s’est donné comme objectif de produire grâce à
l’énergie éolienne 23% de son électricité à l’horizon 2008 et
50% à l’horizon 2025.
Au cours des prochaines années on entend recourir
massivement aux parcs éoliens off shore.
http://www.renewableenergyaccess.com/rea/news/story?id=46749
Même dans le cadre de cette
vision québécoise « optimiste », les 12,000 MW de puissance
installée ne représenteraient sur une base annuelle dans
l’ensemble de notre réseau, qu’environ 36,8T Wh d’énergie, compte
tenu d’un facteur d’utilisation de 35% attribuable à la
variation des vents.
Avec un objectif officiel de
4,000 MW on est donc bien loin des objectifs mis de l’avant par
le Danemark. Pour le gouvernement du Québec le potentiel
intégrable d’énergie éolienne au Québec est donc réduit pour
l’instant à 4,000 MW à l’horizon 2015.
http://www.mrn.gouv.qc.ca/energie/eolien/index.jsp
Rappelons que la production énergétique actuelle
d’Hydro-Québec avec Churchill Falls dépasse les 192,9 TWh. En
d’autres mots, compte tenu du facteur d’utilisation moyen de
35%, le potentiel éolien du Québec (entre 8000 et 12000 MW) est,
plus modestement, l’équivalent de trois fois la production
électrique annuelle de la centrale au fil de l’eau de
Beauharnois (1,657 MW avec un taux d’utilisation de 84%) située
dans la région de Montréal. Notons toutefois que sur son site
internet Hydro-Québec retient plutôt un facteur d’utilisation de
65% pour ses centrales hydrauliques
http://www.hydroquebec.com/comprendre/eolienne/complementarite.html
La possibilité de simplement
doubler à 8000 MW la première tranche de 4000 MW, ferait déjà du
Québec, toutes choses étant constantes, un producteur éolien
majeur en Amérique du Nord.
Toutefois, compte tenu de notre
réseau non synchronisé avec le reste de celui de l’Amérique du
Nord, il est difficile de parler de « notre fabuleux gisement
éolien », pas plus que du Québec, comme de la « nouvelle Arabie
Saoudite du vent » ainsi que l’ont fait récemment un magazine et
un quotidien. Rien de comparable donc aux centrales
d’Hydro-Québec dont la puissance installée est de plus de
34,000 MW, sans compter l’apport des installations de Churchill Falls au Labrador, d’environ 5,000 MW.
Compte tenu des problèmes
techniques d’intégration de l’énergie éolienne au réseau actuel,
on ne saurait parler d’un fabuleux gisement éolien, même si le
vent devait souffler très fort sur l’ensemble des régions du
Québec. (Le pas des pales s’ajuste automatiquement selon la
vitesse du vent qu’il capture dans les proportions de 20 à 40%.
La vitesse minimale du vent pour la mise en marche de l’éolienne
est de 3 m/s, la vitesse nominale est d’environ 15 m/s et,
durant les tempêtes, les pales cessent de tourner lorsque la
vitesse du vent excède 25 m/s. Enfin, par temps froid, à moins
de -30 dégrés C, les éoliennes s’arrêtent également.
Voir
aussi :
http://www.hydroquebec.com/comprendre/eolienne/index.html
Actuellement, le potentiel
théorique de vent pour les bons gisements de plus de 7 m/s
(mètres/seconde) et situé à moins de 25 kilomètres des lignes de
transmission est estimé à 100,000 MW (le potentiel total pour
l’ensemble du Québec, sans le « off shore », est de 415,500 MW).
http://www.atlaseolien.ca/fr/nav.php?no=12&field=E1&height=50
POTENTIEL ÉOLIEN DE 7 À 8 M/S EN
MÉGAWATTS (MW) ET PAR RÉGION ADMINISTRATIVE A MOINS DE 25 KM DES
LIGNES DE TRANSPORT
-
Côte-Nord 35,880 MW
-
Bas-Saint-Laurent 19,596 MW
-
Gaspésie-Îles-de-la Madeleine 14,460 MW
-
Montérégie 11,796 MW
-
Chaudière-Appalaches 5,628 MW
-
Nord-du-Québec 2,424 MW
-
Saguenay-Lac-Saint-Jean 2,100 MW
-
Autres 5,676 MW
Source : Hélimax, Étude sur
l’évaluation du potentiel éolien, de son prix de revient et des
retombées économiques pouvant en découler au Québec, 2004
Pour capter tous ces vents,
notamment ceux en provenance de la Baie-d’Hudson, il faudrait
non seulement construire des éoliennes, mais assurer son
transport sur d’autres lignes de haute tension que celles qui
proviennent actuellement des centrales de la Baie-James. La
construction de ces nouvelles lignes de 735 kV sur des centaines
de kilomètres aurait pour effet de générer, avec les prix
actuels, des coûts excessifs et de rendre non rentable
l’ensemble du projet.
Il en va alors de l’énergie
éolienne comme de l’énergie solaire, au-delà d’un certain seuil,
les coûts deviennent prohibitifs.
Reste qu’à l’échelle mondiale,
l’énergie éolienne est en voie de devenir la source d’énergie à
meilleur marché, même si elle ne représente encore que moins de
1 pour cent de la production électrique à travers le monde.
Enfin, on ne saurait trop
insister; l’intégration de l’énergie éolienne au réseau existant
d’Hydro-Québec, c’est-à-dire le couplage hydro-éolien, constitue
véritablement le premier défi technique de la Société d’État, si
l’on veut que l’énergie éolienne, malgré la variation des vents,
puisse occuper toute la place qui lui revient comme énergie
verte de pointe en hiver.
L’énergie éolienne n’est pas un
substitut à l’hydroélectricité, elle lui est plutôt
complémentaire. Nul doute que la multiplication des parcs
éoliens dans l’ensemble du Québec permettra éventuellement à
cette filière d’augmenter sa contribution au-delà des 10% prévus
par la stratégie énergétique du Québec 2006-2015 du gouvernement
du Québec dévoilée en mai 2006.
Il convient de noter que d’autres
ont déjà soutenu la possibilité de faire davantage. Au Canada
l’Association de l’Énergie éolienne estime que le pays pourrait
combler 20% de ses besoins à l’horizon 2020 grâce à l’énergie du
vent.
http://www.canwea.com/french/index_fr.cfm
.
Aux Etats-Unis, on envisage au rythme actuel de développer dès
2010 25,000 MW d’énergie éolienne et à l’horizon 2020, 100,000
MW ce qui pourrait combler 6% des besoins de nos voisins du sud.
En février 2006 le président George W. Bush, dont les intérêts
sont souvent associés aux énergies fossiles, a même fixé la
barre à 20% pour l’énergie éolienne à l’horizon 2020.
http://www.awea.org/newsroom/pdf/Pittsburgh_Declaration.pdf
.
Quant à l’Europe, toujours pour
la seule énergie éolienne, c’est le chiffre de 20% qui depuis le
mois de mars 2007 est retenu pour 2020. Actuellement l’Europe
produit 3,3 % de son électricité avec le vent avec plus de
48,000 MW d’installés. L’objectif est maintenant d’installer
80,000 MW d’ici l’an 2012. En 2,006 7,588 MW d’énergie éolienne
ont été installés en Europe.
http://www.ewea.org/fileadmin/ewea_documents/documents/press_releases/
2007/070201_Statistics_2006_Press_Release.pdf
Déjà certaines régions notamment
en Allemagne du Nord (Schleswig-Holstein) ou en Espagne (Navarra),
l’énergie éolienne représente 30%, voire 50% de la production
d’énergie électrique.
En Écosse on vient d’autoriser la réalisation du plus grand parc
éolien d’Europe, d’une puissance de 322 MW, qui fournira
suffisamment d’électricité pour alimenter presque chacune des
200,000 maisons de la ville de Glasgow située à environ 16
kilomètres du parc.
http://www.awea.org/newsroom/pdf/Pittsburgh_Declaration.pdf
L’Europe a précédé l’Amérique et
on prévoit que 200,000 personnes travailleront dans cette
industrie, notamment en Allemagne, au Danemark et en Espagne à
l’horizon de l’année 2020. Aussi estime-t-on qu’en 2020, donc
dans moins de quatorze ans, la production d’énergie éolienne
pourra combler les besoins domestiques de 195 millions de
consommateurs européens
(EWEA Future Prospects for Wind Power
Markets
www.ewea.org
).
Enfin, rappelons que le vent est
en quelque sorte un produit dérivé de l’énergie solaire. Environ
de 1 à 2% du rayonnement de l’énergie solaire intercepté par la
terre est transformé en vent grâce au mouvement d’air occasionné
par la différence de température que l’on rencontre sur la
surface terrestre. Selon les experts, le soleil ne s’éteindra
pas avant 5 milliards d’années. Il s’agit donc sans contredit
d’une énergie qui porte bien son nom, celle d’une énergie
renouvelable.
(Pour plus de précisions :
http://www.windpower.org/fr/tour/wres/index.htm
)
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