|
« …nous ferions preuve d’une inconscience
imbécile si nous laissions une flopée de petits promoteurs se
mettre à exploiter de façon incohérente cette précieuse
ressource ; on se retrouverait rapidement dans une situation où
Hydro-Québec devrait acheter de l’électricité produite par des
groupuscules à un prix exorbitant, à plusieurs fois le prix de
celle produite par HQ…. »


|
Grâce aux appels d’offres et à la
concurrence à laquelle se livrent les promoteurs, le prix obtenu
par Hydro-Québec Distribution lors du premier appel d’offre de
1000MW (2005) a été de 2 à 3 cents le kWh de moins que le prix
prévu par les « observateurs », notamment ceux de la société
d’État. 6,5 cents le kWh plutôt que 8,5 ou 9,5 cents le kWh,
cela représente pour une période de vingt ans 1,2$ milliard pour
une différence de 2 cents le kWh, et 1,8$ milliard pour une
différence de 3 cents le kWh.
La concurrence entre neuf
soumissionnaires a fait en sorte que les consommateurs ont
bénéficié d’un prix exceptionnellement bas. Faut donc pas se
surprendre que dans le cadre de sa politique énergétique le
gouvernement écrit : « Afin de
favoriser le jeu de la concurrence et d’assurer une
participation maximale du secteur privé au processus d’appel
d’offres pour le 2000 MW en cours et le prochain 500 MW, le
gouvernement souhaite qu’Hydro-Québec Production n’y participe
pas. P.32 »
Le 20 septembre 2006 le Président
directeur-général d’Hydro-Québec s’est exprimé ainsi en
commission parlementaire. Il affirmait notamment :
« le choix a été fait à ce moment-là,
c’était qu’Hydro-Québec procède par appel d’offres…Avec
le nombre de propositions reçues, avec la qualité, les
prix franchement qui étaient compétitifs….on a été
capables d’aller chercher le meilleur que cette
filière-là peut nous donner…Aller chercher ces prix-là
et donner cet avantage directement à tous les clients du
Québec, c’est une approche tout à fait souhaitable. »
« …la question du profit, je
pense qu’il faut démystifier cela, combien de rendement est
offert aux investisseurs qui mettent leur avoir là-dedans, donc
qui prennent tous les risques : les risques qu’il y ait plus ou
moins de vent, les risques que les turbines tournent plus ou
moins bien, les risques que les délais soient rencontrés, qui
assument tous ces risques là, et vous regardez les rendements
qu’ils acceptent…..ce sont des rendements qui sont des
rendements bas…, des rendements qui sont inférieurs à ce qu’on
jugerait prudent de faire à Hydro-Québec. »
C’est autant d’argent économisé
pour Hydro-Québec Distribution et donc pour les consommateurs
québécois pour la durée de ce contrat de 20 ans. (Ces calculs
ont été faits pour une tranche de 990MW (le premier appel
d’offres de 1000MW) par 8760 heures par an, avec un taux
d’utilisation de 35%, soit 3,035,340 MW-hr/an, et sur la base de
20$/MW-hr pour une économie de 2cents le kWh; donc 3,035,340 x
20MW-hr = 60,706,800$ x 20 ans = 1,214,136,000$). Donc plus d’un
milliard d’économies sur vingt ans parce cela a coûté 6,5 cents
le kWh pour le premier appel d’offres alors qu’on s’attendait à
8,5 cents minimum le kWh.
Lors du premier appel d’offres
les coûts d’intégration ont été très élevés. Il s’agissait d’une
décision politique du gouvernement Landry. Le réseau de
transport électrique de la Gaspésie ne pouvait accueillir les
parcs éoliens. Il a donc fallu construire de nouvelles lignes de
transport. Dans le second appel d’offres de 2000 MW, les coûts
d’intégration seront sans doute beaucoup moins élevés;
possiblement du tiers à peine des coûts de la Gaspésie et de la
MRC de Matane. En revanche compte tenu de la forte demande sur
le marché nord-américain pour les éoliennes, le coût des
turbines risque d’être passablement plus élevé. On s’attend donc
que globalement les prix offerts par les producteurs dans le
cadre du 2ième appel d’offres dont on connaîtra les
gagnants en septembre 2007, soient plus élevés que lors du
premier appel d’offres de 1000 MW.
En France, le prix est de 12 à 13
cents le kWh et l’Ontario vient d’offrir d’acheter, à un prix
normalisé avec un contrat standard de 11 cents le kWh, de
l’énergie éolienne. Comme le dit la publicité
gouvernementale québécoise : « L’énergie éolienne au meilleur
coût, c’est propre au Québec». C’est avantageux pour les
consommateurs et ça assure la compétitivité de l’énergie verte.
D’ailleurs, après le dépôt des offres, le consultant Merrimack a
déposé une étude à la Régie de l’Énergie du Québec, démontrant
que les prix offerts, notamment par Cartier énergie éolienne (Innergex)
et Northland Power, étaient très compétitifs.
Par ailleurs, force est de
constater que les projets hydro-électriques sont de plus en plus
chers. Ainsi Eastmain 1A-dérivation Rupert coûtera 4,4
cents/kWh, Eastman 4,5 cents/kWh, Péribonka 6 à 6,5 cents/kWh,
Chute-Allard/Rapide-des-Cœurs 8 cents/kWh et la Romaine 9
cents/kWh.
Pénalités à payer en cas de non respect des
exigences de retombées économiques régionales
Les projets de parcs éoliens qui sont
actuellement développés en Gaspésie, dans le cadre du premier
appel d’offres dHydro-Québec Distribution, sont visés par des
exigences de retombées économiques régionales. Par exemple, dans
le cas des parcs éoliens de Baie-des-Sables et de L’Anse-à-Valleau,
les retombées régionales doivent atteindre 40 % du coût des
projets. Dans le cas de Carleton ces retombées devront s’élevées
à 50 %. Pour les projets suivants (toujours dans le premier
appel d’offres), on exige 60 % de retombées économiques en
Gaspésie.
Dans le cas où on ne respecterait ces
exigences économiques, des pénalités devraient être payées à
Hydro-Québec, par les promoteurs. Le calcul des pénalités se
fait selon une échelle croissante. Pour les 3 premiers points
(%) en bas du pourcentage prévu, il faut payer 2000 $ par MW . À
partir de 4 points (%), et plus, il faut payer 8000 $ par MW.
Ainsi, plus on s’éloigne de l’objectif de retombées régionales,
plus la sévérité des pénalités augmente. Afin d’illustrer cela,
voici un exemple hypothétique :
Exemples de calcul des pénalités
Exemple 1
39 % de retombées régionales qui seraient
atteints à Baie-des-Sables (109,5 MW), au lieu de 40 %.
La pénalité serait la suivante :
2000 $ X 109,5 MW X 1(point) = 219 000 $
Exemple 2
Parc de 100 MW (construit après celui de
Carleton)
Retombées économiques de 57 % au lieu de 60 %
2000 $ X 100 MW X 3 (points)
La pénalité s’élèverait à 600 000 $.
Exemple 3
Parc de 100 MW (construit après celui de
Carleton)
Retombées économiques de 56 % au lieu de 60 %
Première tranche de pénalité : 600 000 $
Deuxième tranche de pénalité
8000 $ X 100 MW X 1 (points) = 800 000 $
Dans ce cas, la pénalité totale s’élèverait à
1 400 000 $
| Retour au menu vrai ou faux | |